Ederlezi (Velibor Čolić)

Ça fait un petit moment que j’ai pas publié d’articles (plus de 2 semaines, en fait), j’espère que vous m’en voulez pas trop… Le roman dont je vais vous parler est un des candidats du Prix Littéraire de mon lycée, et je pense que peu d’auteurs ont déjà traité le même thème. Sur ce, voici comment commence le roman :

« Je m’appelle Azlan Tchorelo, Azlan Bahtalo et Azlan Baïramovitch et je suis mort ce matin.  […] J’ai prescrit l’ordonnance pour soigner l’âme et j’ai inventé le son du silence à l’heure du Diable. »

Voici la quatrième de couverture, qui résume bien le thème abordé :

« Ederlezi retrace l’histoire, à travers le XXe siècle, d’un fameux orchestre tzigane composé de musiciens virtuoses, buveurs, conteurs invétérés, séducteurs et bagarreurs incorrigibles. Ils colportent leurs blagues paillardes, leurs aphorismes douteux et leurs chansons lacrymogènes de village en village. L’orchestre sombrera dans les grands remous de l’histoire : englouti en 1943 dans un des camps d’extermination où périrent des milliers d’autres Tziganes, il renaîtra pour être de nouveau broyé par la guerre d’ex-Yougoslavie en 1993. Chaque fois, le meneur de l’orchestre, Azlan, semble se réincarner. On le retrouve finalement dans la Jungle de Calais en 2009, parmi les sans-papiers et les traîne-misère qui cherchent un destin aux franges de la modernité. Le roman de Velibor Colic restitue merveilleusement la folie de la musique tzigane, nourrie de mélopées yiddish, de sevdah bosniaque, de fanfares serbes ou autrichiennes, une musique et une écriture pleines d’insolence, au charme sinueux et imprévisible. Les réincarnations successives d’Azlan font vivre avec bonheur la figure du Rom errant éternellement, porté par un vent de musique et d’alcool, chargé des douleurs et des joies d’un peuple comparable à nul autre. »

Et pour finir, quelques citations qui transmettent bien l’atmosphère générale du récit :

« Il y a trois preuves, disait-il, que Jésus était un tzigane. La première : il a transformé l’eau en vin. La deuxième : il n’a jamais vraiment travaillé, il a juste traîné un peu partout. Et enfin, la troisième : s’il a réussi à faire quelque chose, c’était toujours un miracle. »

« Personne n’est assez fou pour préférer la guerre à la paix : dans la paix, les fils ensevelissent leur père ; dans la guerre, les pères détruisent leurs fils. »

« J’ai un frère, le vent, qui court sans jambe et siffle sans bouche. »

« Les enfants disent ce qu’ils font, les hommes ce qu’ils pensent, les vieux ce qu’ils ont vu ou entendu. Danko est un poète et un menteur qui dit toujours la vérité. »

« On pardonne plus volontiers un trou dans le caractère d’un homme que dans ses vêtements. […] La misère ne s’estampille pas seulement sur les vêtements ; elle s’empreint sur la beauté. Cela se mêle au point qu’on pourrait dire que le vêtement devient maigre et le visage pauvre. »

« Nous somme le peuple sans Dieu, sans terre et sans cimetière. »

« Celui dont le visage est sans rayon ne deviendra jamais une étoile. »

Ederlezi

Ederlezi n’est pas un roman à lire d’une traite, sous peine d’y trouver un certain ennui : le déroulement de l’histoire est lent, les événements souvent peu détaillés, et les descriptions de personnages abondent. Non, Ederlezi est un roman à découvrir petit à petit, anecdotes par anecdotes, entre deux heures de cours ou pendant la pause déjeuner.

On suit Azlan à travers ceux qu’il a rencontré, à la manière d’un journaliste qui interviewerait ses proches et les témoins de son passage, et le style d’écriture, oral, poétique et très doux, s’accorde très bien à cette narration à la fois fluide, hachée et légère. Tout n’est pas dit ou expliqué, et il arrive souvent que l’on perde la trace du personnage principal pendant quelques jours, semaines, mois ou années. Azlan est un nomade, un fils du vent et du chant ; il est insaisissable et aérien, ivrogne et poète, mystique et pourtant très humain. Pour toutes ces raisons, il est très difficile de s’y attacher (d’autant plus qu’il est impossible à cerner), mais ce n’est pas vraiment dérangeant. On suit ce chanteur Tzigane et on partage sa vie, ses proches, sa culture, sa musique et ses croyances, un peu comme si on vagabondait dans son histoire. Si je devais décrire Ederlezi en un seul mot, je dirais que c’est un roman très humain.

Ce roman comporte environ 220 pages et est accessible, d’après moi, à partir de la classe de troisième pour les amateurs de récit poétique. Bonne lecture ! 😉

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Sonate Sans Accompagnement (Orson Scott Card)

Sonate Sans Accompagnement est un recueil de nouvelle d’un auteur de Science-Fiction que j’adore. Ce n’est pas la première fois que je fais un article sur un de ses romans, et j’avais déjà parlé de Les Maîtres Chanteurs dans un de mes articles (cliquer >ici< pour voir le-dit article). Récemment, le premier tome d’une de ses séries, La Stratégie Ender, a été adapté au cinéma. J’ai lu le livre et vu le film, et je dois reconnaître que l’adaptation n’est pas trop mal. C’était intéressant de voir certaines scènes que je n’avais pu qu’imaginer sur grand écran, et les grandes lignes du roman sont à peu près respectées, malgré d’inévitables simplifications, accélérations et explosions inutiles. Au moins, on en prend plein les yeux (trop, d’après moi, mais ce n’est que mon avis). Bref, fermons cette parenthèse et passons à ce recueil de nouvelles !

« Il y a, dans toutes ces histoires, des motifs récurrents – la douleur poussée jusqu’à la cruauté, la laideur jusqu’au grotesque. Il y a également des thèmes qui se retrouvent – l’amour de la mort, la joie payée d’un prix impossible, une foi irréaliste en une justice poétique.

Si je dois parvenir à une conclusion, c’est que l’idée d’une histoire a très peu d’importance. Ce qui compte, c’est le ton adopté par l’auteur, le personnage qu’il choisit de présenter et – par dessus tout – la façon dont elle se termine. Je me considère comme un optimiste mitigé. Toutes ces nouvelles finissent bien, quelques malheureux que puissent en être les protagonistes. D’où que puissent venir les idées, quoi que soit ce qui en elles m’a poussé à les écrire, j’en reste l’auteur, et ce que je suis infléchit inévitablement le cours de l’histoire, de sorte que même des récits d’origine les plus divergentes finissent d’une manière similaire. Quoi qu’elles puissent être – bonnes ou mauvaises, tendres ou amères, réalistes ou utopiques -, elles sont miennes. »  ~ Extrait de la Postface d’Orson Scott Card à Sonate Sans Accompagnement.

Sonate Sans Accompagnement

Ces nouvelles sont parfois grinçantes, terrifiantes, cruelles, ou tendres, mais elles sont surtout émouvantes. Loin de se concentrer sur l’aspect futuriste ou technique de ses nouvelles, Orson Scott Card s’en sert pour développer des personnages criants de vérité et des thématiques intéressantes plus ou moins originales, mais toujours abordées avec naturel et sensibilité.

Parmi les onze nouvelles de ce recueil, certaines m’ont particulièrement marquée :

  • « Les dieux mortels », que l’auteur résume très justement par une seule phrase dans la posface : « Les extra-terrestres viennent sur Terre pour nous adorer parce que nous mourrons. »
  • « Un jardin de roses », qui introduit des aliens inédits : des planètes artificielles, mystérieuses et conscientes, soudainement découvertes par les Hommes.
  • « La salamandre de porcelaine » une nouvelle étrange et pénétrante beaucoup plus proche du conte de fée que de la science-fiction.
  • « Sonate sans accompagnement », une société idéale qui définit la place et les proches d’une personne en fonction de ce qu’elle détermine comme ses « dispositions », et ce afin que tout le monde soit heureux.
  • « Fin de partie », la première nouvelle du recueil, et l’ébauche de ce qui deviendra plus tard La Stratégie Ender.

Le recueil compte environ 270 pages et est accessible dès la 3ème. Bonne lecture ! 😉

Peeps, tome 2 : A-Apocalypse – Bande-son pour fin du Monde (Scott Westerfeld)

Eh non, vous ne rêvez pas, j’ai enfin réussi à surpasser ma crise de flemmingite aiguë ! J’ai découvert ce livre dans les rayonnages de mon CDI, et le nom de l’auteur m’a interpellé : Scott Westerfeld est l’auteur des séries Midnighters (3 tomes) et Uglies (5 tomes), que j’ai lues et appréciées. Par ailleurs, il est aussi l’auteur de deux autres sagas : Succession (2 tomes) et Leviathan (3 tomes), ainsi que de 4 romans et 2 nouvelles. A-Apocalypse est le tome 2 de la saga Peeps, mais comme ça ne m’a absolument pas gênée pour comprendre l’histoire, je pense qu’on peut tout aussi bien le lire avant le tome 1 (V-Virus).

« Chaleur étouffante. Horde de rats. Hystérie collective. Menacée par la Mort Noire,  New York sombre peu à peu dans le chaos… Mais au coeur des ténèbres, s’élève une musique d’un genre nouveau, hypnotique et inquiétante. La musique d’un groupe d’ados fans de rock, seuls capable de sauver le monde du désastre. S’il en est encore temps. »

Moz, jeune guitariste de 17ans, ne s’attendait sûrement pas à ce qu’une guitare électrique tombe du ciel devant lui. Et encore moins à ce que la-dite guitare soit une Fender Stratocaster de 1975 avec des clés en or. Lui qui manquait justement d’argent pour s’acheter une vraie guitare… Le seul problème, c’est qu’il ne l’a pas récupérée seul, et que Pearl, jeune musicienne du même âge, n’a aucunement l’intention de la lui laisser. Mais si, par le plus grand des hasards, Moz et son pote Zahler acceptent de fonder un groupe avec elle, peut être qu’elle le laissera l’utiliser.

C’est donc avec la chute d’une guitare que le groupe est fondé, avec Moz et Zahler à la guitare et Pearl au clavier, bientôt rejoints par l’envoûtante Minerva, puis par Alana Ray, percussionniste des rues. Il ne leur reste plus qu’à trouver un nom et à devenir célèbres… s’il en est encore temps.

A-Apocalypse V-Virus

A la base, c’est surtout par curiosité que j’ai décidé de lire ce bouquin : un groupe de rock contre un mal mystérieux, on voit pas ça tous les jours. L’intrigue est, comme attendu de S. Westerfeld, très bien amenée. On traque les indices, les sous-entendus et les aveux, et on finit par se rendre compte que c’est bien plus gros que tout ce qu’on avait pu imaginer. Le style d’écriture est simple et adapté au roman, et les événements nous sont narrés à tour de rôle par tous les membres du groupe, ce qui accentue l’aspect « puzzle » de l’intrigue. Quant aux personnages… C’est là que le bât blesse. Malgré, ou peut être à cause de l’utilisation de la première personne, les cinq personnages principaux paraissent tous semblables. Ils ont tous la même manière de décrire une action, la même façon d’enchaîner les pensées, et presque la même personnalité. Bien sûr, ils ont tous leurs particularités et leurs caractères : Moz est impulsif et susceptible, Pearl est autoritaire et sensible, Zahler est drôle et n’a pas confiance en lui-même, Minerva est une prédatrice et Alana Ray est droite et logique ; mais au final, ces différences ne se remarquent que parce que les autres le disent. Pour cette même raison, je n’ai pas réussi à m’attacher à eux.

Cependant, malgré ce défaut, je vous conseille quand même de lire A-Apocalypse pour son intrigue pas banale. Et puis peut être que le tome 1 est génial.

Pour finir, le livre compte environ 300 pages et est accessible dès douze-treize ans. Bonne lecture ! 😉

Une page Facebook ?!

Eh non, pas de nouvelle critique aujourd’hui non plus (elle arrivera bientôt, promis), mais une petite annonce : le Blog d’une Lectrice possède maintenant sa propre page facebook ! J’y publierais les liens des nouveaux articles, mais aussi des annonces de nouvelles sorties (de mangas & romans), l’avancée de mes lectures, des citations de livres/mangas que j’apprécie ou qui me font rire (sans spoiler, évidemment)…

Le but est de rendre ce blog un peu plus vivant et de me motiver à écrire, mais aussi d’en augmenter un peu la visibilité ! 😉

N’hésitez pas à aller jeter un oeil de temps en temps : https://www.facebook.com/pages/Le-Blog-dune-Lectrice/1473943009547526

L’Album Photo

En ce moment, je suis plutôt inspirée… J’espère que vous apprécierez ce petit texte en attendant une nouvelle critique (je suis atteinte de flemmingite aiguë, c’est courant à l’adolescence). N’hésitez pas à laisser un commentaire pour dire ce que vous en pensez, je suis totalement ouverte aux critiques ! 😉

L’album photo

Elle était assise sur les tomettes, un album photo assez volumineux posé devant elle. Elle le regardait, mais ne semblait pas vraiment le voir. Son esprit était ailleurs, perdue dans des pensées et des souvenirs qu’elle était la seule à connaître.

Elle ne s’était jamais vraiment souciée de quoique ce soit. Elle n’avait jamais cherché à plaire aux gens, au monde. Elle n’avait jamais cherché à se lier. Elle n’avait pas de proches, seulement quelques connaissances, quelques collègues avec lesquels elle échangeait une poignée de mots à l’occasion. Jamais plus.

Elle n’avait pas de famille.

Elle n’avait pas de passion, pas de talent particulier, pas de couleur ou de saison préférée. Elle ne lisait pas beaucoup et n’écoutait pas souvent de la musique. Elle ne jouait d’aucun instrument, ne pratiquait pas de sport de façon régulière et n’aimait pas particulièrement manger. Elle ne prêtait aucune véritable attention à ses vêtements, à sa coiffure, à son langage, à la façon dont elle était perçue par les autres. Elle ne s’était jamais maquillée. Elle n’était jamais tombée amoureuse. Elle n’avait jamais placé toute sa confiance en quelqu’un, et personne ne lui avait jamais vraiment fait confiance non plus. Elle ne donnait rien au monde, et le monde ne lui donnait rien en retour.

Elle n’avait jamais eu d’accident ou de traumatisme. Elle n’avait jamais haï quelqu’un, et personne ne l’avait jamais haïe. Elle ne savait pas ce qu’étaient véritablement le malheur et la souffrance, le bonheur et l’enthousiasme. Elle n’était ni riche ni pauvre. Elle n’avait jamais étudié avec acharnement. Son métier ne l’intéressait pas et elle se foutait de tout.

Sa vie était vide.

Elle regardait l’album photo, mais l’album photo ne la regardait pas. Elle tendit une main et la posa sur la couverture rigide. Elle ne ressentit rien de particulier. Elle retira sa main et la laissa flotter au dessus de l’album, immobile. Elle n’était pas sûre d’avoir envie de regarder à l’intérieur.

Elle n’avait jamais eu vraiment envie de quoique ce soit.

Sa main se laissa tomber sur l’album, ses doigts attrapèrent le bord de la couverture. Elle ouvrit l’album photo en fermant les yeux. Ouvrit les yeux.

Elle ne ressentit rien de particulier.

Album photo de #####

1995 –         

Son doigt suivit lentement le tracé de son prénom. Elle se demanda pourquoi elle l’avait gardé. Pourquoi elle l’avait ouvert. Elle ne trouva pas de réponse et tourna la page.

Papa et #####, 2 mois

Un coin de la première photo était cornée. Le bébé dans le berceau semblait heureux. L’homme qui le tenait dans ses bras aussi.

Maman et #####, 2 mois

La femme regardait tendrement le bébé qui tétait son sein, poings et paupières fermés. Elle tourna la page.

#####, 3 mois, découvre l’interrupteur

Le bébé souriait, le doigt sur l’interrupteur. L’homme qui la tenait la regardait faire avec amusement et tendresse.

#####, 4 mois, fait connaissance avec le chat des voisins

Sur la première photo, le bébé, perplexe, regardait un vieux chat noir avec des yeux ronds. Sur la seconde, il souriait, la main posée sur le dos du matou. Elle tourna plusieurs pages.

#####, 3 ans ¼, se destine à une carrière de peintre

Une petite fille brune aux grands yeux verts et au visage et aux mains barbouillés de peinture bleue et orange souriait à l’objectif en exhibant fièrement une grande feuille peinturlurée de couleurs vives.

#####, 3 ans ¼, fait une sieste dans le hamac

La petite fille est roulée en boule dans le creux d’un hamac aux couleurs vives. Elle suce son pouce et sert une peluche verte dans ses petits bras. Elle se rappela que la peluche était un hippopotame nommé Patoche, qui dormait actuellement dans un carton de vieilleries. Elle se leva, sortit de son appartement, descendit un escalier et ouvrit la porte de sa cave. Le carton était là, elle l’ouvrit. Patoche était borgne, mais en bonne état. Elle le sortit de la boîte, le cala sous son bras, referma le carton. Lorsqu’elle retourna dans son appartement, l’album photo était toujours ouvert à la même page. Elle se rassit en tailleur, la peluche verte entre ses jambes, et choisit une page au hasard.

#####, 9 ans, Clémentine & Black Jack

La petite fille avait grandi et ses cheveux avaient bouclés. Elle tenait la main d’une jeune fille rousse au visage mangé par les tâches de rousseur qui portait des lunettes de soleil. A ses pieds était assis un labrador noir vêtu d’un harnais, la langue pendante et le regard doux.

##### fête ses 10 ans en famille

La petite fille soufflait les bougies d’un gâteau au chocolat, un grand sourire sur le visage. La jeune fille rousse, assise à côté d’elle, applaudissait en souriant, et un homme, assis en face d’elle, levait une flûte de champagne. Elle sauta à nouveau quelques pages.

#####, 11 ans, se prépare pour le collège

La petite fille, très concentrée, semblait trier des affaires scolaires. La peluche verte était posée à côté d’elle.

Il n’y avait aucune photo sur la page de gauche. Elle tourna la page. Les emplacements étaient vides. Elle sauta quelques pages. Là non plus, aucune photo. Elle ferma l’album et le poussa un peu plus loin d’elle. Elle avait mal au dos à force de se pencher sur les photos. Elle attrapa Patoche dans ses bras et se laissa tomber en arrière.

Le plafond de son appartement était blanc, sale et fissuré. Vide. Elle le contempla pendant longtemps. Ses yeux la brûlaient et elle serrait la vieille peluche contre elle, comme quand elle était petite. Le plafond était aussi vide que sa vie. Elle ferma les yeux et se roula en boule sur le côté, le petit hippopotame contre son cœur.

Elle se rappela que cette peluche était un cadeau de sa tante pour ses un ans.

Elle se rappela son père.

Elle se rappela sa mère.

Elle se rappela le chat des voisins. Vieux, noir, grognon.

Elle se rappela son école. Mur jaunes, volets verts.

Elle se rappela le hamac. Couleurs vives, accroché dans le salon.

Elle se rappela Clémentine et Black Jack. Indissociables, amusants, heureux, courageux.

Elle se rappela ses anniversaires. Les bougies, les gâteaux au chocolat, les cadeaux.

Elle se rappela son collège. Petit, carré, gris, austère.

Elle se rappela la fin de sa famille.

Doucement, silencieusement, les larmes débordèrent de ses yeux. Dévalèrent ses joues. Mouillèrent Patoche et les tomettes. Elle se mit à sourire.

Elle fixait le plafond, les bras en croix, le petit hippopotame vert clair à côté de sa main droite. Elle ne savait pas combien de temps elle avait pleuré. Le plafond était aussi rempli que sa vie. Le plafond était aussi blanc que son esprit.

Un bruit de klaxon dans la rue la fit sursauter. Elle tourna la tête vers la fenêtre. Le ciel était d’un bleu étincelant. Elle attrapa Patoche, essuya ses joues, se leva, jeta un œil à l’album photo qui dormait sur le sol. Elle entra dans sa chambre, prit une feuille et un stylo, retourna dans le salon. Elle posa la feuille et Patoche sur le sol, décapsula le stylo.

Le plafond, son esprit, la feuille. Tout était blanc. Calme.

Elle sourit et commença à écrire.

Liste des choses à faire avant de mourir

  1. Acheter un appareil photo

Femme Chevalier

Pour fêter la rentrée prochaine (*sigh*), et comme ça faisait longtemps, je poste un nouveau petit poème ! J’espère qu’il vous plaira, et n’hésitez surtout pas à laisser un commentaire, qu’il soit positif ou négatif. 😉

Dans la forêt désertée

Tu chevauches, femme chevalier.

Ces arbres ne sont plus que branches mortes

Tu ne trouveras pas la porte

La vie elle-même est décharnée

La vert a depuis longtemps fané

Le silence est notre roi

Ne le trouble pas de ta voix

Dans la forêt asséchée

Que cherches-tu, femme chevalier ?

Le sol est teinté du rouge de la guerre

Qui incessamment ravage ces terres

Les Hommes n’ont plus peur de notre colère

C’est aujourd’hui la fin de notre ère

Dans la forêt dévastée

Où penses-tu aller, femme chevalier ?

La vie humaine est très fragile

Même si tu fais partie des plus habiles

En quel honneur braves-tu les dangers ?

Es-tu venue piller notre contrée ?

Il n’y a pourtant rien ici

Rien que nos pleurs infinis

Dans la forêt attristée

Traques-tu la vérité, femme chevalier ?

Entends-tu la nature qui murmure ?

Il faut pour cela franchir la terreur qui t’emmure

Tu seras la première à savoir

Mais en échange laisse-nous voir

La couleur de la vie dans tes veines

La beauté de ton visage en peine

De la forêt affamée

Pensais-tu vraiment t’échapper, femme chevalier ?

Planetes (Makoto Yukimura)

Cet article traitera d’un manga qui sort de la norme. En effet, et vous découvrirez pourquoi juste après, Planetes n’est pas réservé à un public d’amateurs de mangas, et cette critique non plus. Alors même si vous n’avez jamais tenu un de ses étranges et inintéressants (façon de parler) « mangas » dans vos mains, je vous invite à lire cet article, et même à lire cette BD. Vous ne le regretterez pas.

Titre : Planetes (du grec ancien ΠΛΑΝΗΤΕΣ, « vagabond »)

Mangaka : Makoto Yukimura (également auteur de Vinland Saga)

Genre : Seinen ; science-fiction, philosophie, humour, récit initiatique

Public : 14 ans et +

Magazine de prépublication au Japon : Weekly Morning

Prix : simple : 9.50 € ; édition de luxe : 14.20 €

Statut (France) : Terminé, 4 tomes + 1 édition de luxe en 3 tomes édité par Panini Manga

Statut (Japon) : Terminé, 4 tomes édités pas Kodansha

Tome 1 - édition de luxe

Tome 1 – édition de luxe

Tome 2 - édition de luxe

Tome 2 – édition de luxe

Tome 3 - édition de luxe

Tome 3 – édition de luxe

Anime : 26 épisodes (je ne l’ai pas vu et n’ai pas envie de le voir)

Synopsis : En 2075, Hachirota Hoshino est membre d’une équipe de récupération de débris spatiaux. Impulsif et immature, il rêve d’avoir sa propre navette spatiale et dénigre son métier, pourtant essentiel à l’activité spatiale. Il faut dire qu’en plus d’être l’un des métiers les plus dangereux de la station, ce n’est pas un métier très gratifiant :  bas salaires, chances de promotion inexistantes, budget faible, vaisseaux et outils médiocres et obsolètes. Mais si, au départ, Hachi n’éprouve aucun doute, l’immensité de l’espace ne tarde pas à le rattraper… Et sa rencontre avec Ai Tanabe, une nouvelle dans l’équipe de récupération des débris, achève de le perturber.

Planetes 03

En plus de la vie et des questionnements du personnage principal, certains chapitres se concentrent sur des épisodes de la vie des 3 autres personnages principaux : Fi, Yuri et Ai, membres de la même équipe de récupérateurs de débris.

Les 4 personnages principaux (de gauche à droite) : Hachi, Ai, Fi, Yuri

Les 4 personnages principaux (de gauche à droite) : Hachi, Ai, Fi, Yuri

Mon avis :  Des dessins magnifiques et des paysages à couper le souffle, des personnages attachants, profonds et réalistes qui évoluent à leur manière, un univers bien maîtrisé et exploité, des réflexions profondes, une légère critique de la société… Tous les ingrédients nécessaires à la réalisation d’un véritable chef d’oeuvre. La lecture de Planetes nous plonge dans l’espace, au cœur de la vie des astronautes et de leurs questionnements. Hachirota a tout à apprendre, et son parcours est semé d’obstacles qui ne le laissent pas indemne, mais aussi de rencontres et de moments précieux qui lui permettront de surmonter ses peurs et ses doutes. Les questions qui l’habitent et les réponses qu’il leurs trouve sont terriblement humaines. Planetes m’a véritablement ébranlée, et la fin m’a arraché des larmes. A lire et à relire !

Planetes 01

J’ai essayé de rendre hommage à Planetes du mieux possible, et je ne suis pas totalement satisfaite du résultat. Mais même si mon article est bancal, court et maladroit, le message reste le même : lisez Planetes ! 😉